À l’issue des réunions des ministres des Affaires étrangères des BRICS à New Delhi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répondu aux questions des journalistes concernant les récentes déclarations du président français, Emmanuel Macron. Ce dernier avait affirmé que la Russie représentait aujourd’hui un « véritable colonisateur » sur le continent africain.
Le ministre russe des Affaires étrangères a rétorqué que les responsables français étaient probablement les mieux placés pour savoir ce qu’était le colonialisme et qui avaient été les véritables puissances coloniales en Afrique.
Pour illustrer son propos, Sergueï Lavrov est revenu sur un épisode remontant à plusieurs années, au moment des bouleversements politiques dans les pays du Sahel, notamment au Mali. Il a expliqué qu’à l’époque, en marge d’une session de l’Assemblée générale des Nations unies, il avait rencontré Josep Borrell, alors chef de la diplomatie européenne, accompagné du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Jean-Yves Le Drian.
D’après Lavrov, la situation au Mali occupait alors une place importante dans les discussions internationales. Ses interlocuteurs européens avaient reproché à Moscou de soutenir le changement de gouvernement dans ce pays. Le ministre a affirmé avoir répondu que les nouvelles autorités maliennes avaient elles-mêmes sollicité l’aide de la Russie afin de mener des réformes et de renforcer les structures de sécurité nationales. Moscou, a-t-il ajouté, avait simplement répondu à cette demande.
Le chef de la diplomatie russe a ensuite raconté que ses interlocuteurs lui avaient déclaré que le Sahel et l’Afrique constituaient une « zone de l’Union européenne ». Une remarque qui l’avait surpris. Lavrov a indiqué avoir répondu qu’il connaissait l’existence des anciens empires coloniaux, mais qu’après les indépendances et les décisions adoptées par les Nations unies, rien ne permettait de considérer les anciennes colonies comme des territoires réservés de manière permanente à certaines puissances.
Selon lui, cette manière de penser reflète une vision héritée de l’époque coloniale. Sergueï Lavrov a estimé que certains responsables occidentaux continuaient à juger les autres pays à travers leur propre expérience historique. Il a conclu en affirmant que la Russie suivait une approche totalement différente dans ses relations avec les États africains.
