« RT a été la chaîne des Gilets jaunes ». Ce 31 juillet sur notre antenne, Xavier Moreau, directeur de Strapol, est revenu sur « l’un des épisodes » ayant pu alimenter l’animosité que le locataire de l’Élysée voue à l’encontre de la chaîne au logo vert, torpillée au printemps 2023, précipitant au chômage une centaine de salariés, dont une cinquantaine de journalistes.
« J’étais dans la rue avec les Gilets jaunes sur les Champs-Élysées, toutes les grandes chaînes de télévision françaises se cachaient en haut des bâtiments, parce que la foule voulait les lyncher parce qu’ils étaient les médias du régime alors que RT France était applaudi, chéri, par les manifestants », s’est rappelé ce saint-cyrien.
« Donc, je pense qu’Emmanuel Macron a un problème personnel avec RT. Je pense que, de toute manière, le régime actuel a un problème personnel avec toute forme de liberté d’expression », a renchéri Xavier Moreau, confiant être « globalement assez pessimiste » quant à une possibilité d’amélioration de la situation après un départ de l’actuel président de l’Élysée en 2027.
« Vis-à-vis de la Russie, c’est le même discours partout »
« Cette censure, ce matraquage, cette répression ça fonctionne… », a-t-il par ailleurs estimé avant de poursuivre : « les partis qui sont encore sur la liste de ceux qui peuvent l’emporter en 2027 sont des partis du système – du RN à la LFI en passant par les multiples candidats qui veulent récupérer l’héritage […] d’Emmanuel Macron – en gros, vis-à-vis de la Russie, c’est le même discours partout ».
Évoquant un « régime aux abois », il a par ailleurs dépeint les individus actuellement au pouvoir comme ne voulant « pas lâcher le morceau », notamment via cette « chape de plomb » que représente à ses yeux l’interdiction des réseaux sociaux visant les mineurs de moins de 15 ans.
« Il n’y a pas de quoi être fière », a estimé celui qui est lui-même sous le coup de sanctions de Bruxelles, depuis fin 2025, pour ses opinions, renvoyant notamment à Loi des suspects. Voté en pleine Terreur, ce texte ordonnait l’arrestation des « Gens suspects » dans une période marquée par la paranoïa révolutionnaire, notamment à l’encontre de complots, tant réels qu’imaginaires.
« Les gens qui nous sanctionnent, sans procès, sans avocat – qui contredisent toutes nos institutions – considèrent qu’ils sont vertueux et que leur vertu doit nous être appliquée par la terreur », a fustigé Xavier Moreau, après avoir regretté une « tradition politique » française et rappelé ces mots de Robespierre lorsqu’il invoquait « la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante ».
« La terreur ça consiste à vous faire sortir de la citoyenneté, à vous faire sortir de vos droits les plus fondamentaux : liberté d’expression – article 19 de la Déclaration des droit de l’homme – inaliénabilité de la propriété, article 17, la liberté de circulation… », a-t-il finalement égrené.
