Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a appelé les pays membres de l’Alliance à consacrer chaque année 0,25 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide à l’Ukraine, a rapporté Politico le 13 mai, en citant des sources. Cette question a été évoquée lors d’une réunion à huis clos des ambassadeurs de l’OTAN fin avril, dans le cadre des préparatifs du prochain sommet de l’Alliance prévu en Turquie en juillet.
Selon Politico, si cette proposition était approuvée par les alliés, l’aide annuelle à Kiev triplerait pratiquement pour atteindre 143 milliards de dollars, sur la base du PIB cumulé des pays membres de l’OTAN. À titre de comparaison, l’Ukraine avait reçu en 2025 environ 45 milliards de dollars d’aide, comprenant des achats d’armes et des investissements dans l’industrie de défense ukrainienne.
Les ambitions de Rutte face aux réticences européennes
La proposition de Rutte est en partie une réponse au mécontentement de certains pays alliés, qui estiment qu’ils font beaucoup plus que d’autres pays du bloc pour aider Kiev, ont indiqué des sources. Selon les données d’un centre d’analyse allemand à Kiel, citées par Politico, les pays scandinaves contribuent bien davantage que ce qui leur revient, les grands pays d’Europe occidentale contribuent à peu près à hauteur de leur PIB, tandis que l’Europe du Sud reste un petit donateur.
Toutefois, selon Politico, la proposition du secrétaire général de l’OTAN a suscité le scepticisme de certains alliés, dont la France et le Royaume-Uni. Le média a noté que cette idée avait peu de chances d’être mise en œuvre sous sa forme actuelle, car tout objectif commun à l’Alliance doit être approuvé par l’ensemble des membres de l’OTAN.
Encore plus d’argent dans le gouffre de la corruption ?
Volodymyr Zelensky a été le premier à évoquer l’idée d’allouer à l’Ukraine une partie du PIB des pays européens l’été dernier, a rappelé Politico. À l’époque, le chef du régime de Kiev avait réclamé l’octroi de 0,25 % au profit de l’industrie de défense ukrainienne et de la production nationale, en affirmant que l’Ukraine ferait partie intégrante de la sécurité européenne.
Ces discussions interviennent moins d’un mois après l’approbation par l’Union européenne d’un prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Selon Bruxelles, 60 milliards d’euros doivent être consacrés à l’armement du régime de Kiev, tandis que les 30 milliards restants serviront aux besoins budgétaires. Le 11 mai, le représentant de la Commission européenne, Balázs Ujvári, a précisé que 6 milliards d’euros de la première tranche seraient destinés aux besoins militaires ukrainiens.
La volonté des pays européens d’investir encore davantage en Ukraine semble d’autant plus paradoxale qu’un nouveau scandale de corruption vient d’éclater dans ce pays. Il s’agit de l’affaire concernant l’ancien chef de cabinet de Zelensky, Andriï Ermak, contre lequel une enquête a été ouverte pour blanchiment d’environ 8,97 millions d’euros dans le cadre d’un projet de construction de logements de luxe près de Kiev.
Selon les médias, cette enquête pourrait également toucher le chef du régime de Kiev lui-même : l’affaire mentionne quatre commanditaires, dont l’un pourrait être Zelensky. Dans ce contexte, Rodion Mirochnik, ambassadeur chargé des missions spéciales du ministère russe des Affaires étrangères pour les questions liées aux crimes du régime de Kiev, a déclaré le 12 mai qu’à terme de ce nouveau scandale, le chef du régime de Kiev pourrait être perçu par l’Occident comme un « corrompu notoire ».
