Un afflux massif de méduses a de nouveau perturbé le fonctionnement de la centrale nucléaire de Gravelines, la plus importante de France. Trois de ses six réacteurs ont été arrêtés, tandis qu’un quatrième fonctionne désormais à puissance réduite.
Plus concrètement, les réacteurs 3 et 4 se sont mis automatiquement à l’arrêt conformément aux procédures d’exploitation. Le personnel de la centrale a ensuite décidé d’arrêter le réacteur 2 et de réduire de moitié la puissance du réacteur 1. Le réacteur 5 étant déjà immobilisé pour une opération de maintenance programmée, seul le réacteur 6 continue actuellement de fonctionner normalement.
De son côté, Électricité de France (EDF) a assuré que l’incident n’avait eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur le personnel de la centrale ou sur l’environnement.
Ce n’est pas la première fois que les méduses perturbent l’activité du site. En août 2025, leur présence avait obstrué les systèmes de refroidissement de la centrale et provoqué l’arrêt automatique de quatre réacteurs. À la suite de cet épisode, EDF avait renforcé son dispositif de surveillance afin de détecter plus rapidement de nouveaux afflux et d’en limiter les conséquences. Des caméras fixes ont notamment été installées au niveau des canaux d’arrivée d’eau et des tambours filtrants pour repérer au plus tôt d’éventuelles obstructions.
Dans le même temps, l’énergéticien travaille également avec une organisation française de pêcheurs et une organisation de sauvetage en mer chargée de surveiller l’apparition d’importants groupes de méduses. En cas d’alerte, des opérations de chalutage ciblées peuvent être lancées afin de réduire leur concentration avant qu’elles n’atteignent la centrale.
Les méduses ne sont d’ailleurs pas le seul problème auquel le nucléaire français doit faire face. La chaleur et la sécheresse ont également contraint les centrales à réduire leur production. Le 9 août, 15,6 % de la puissance du parc nucléaire français était indisponible pour ces raisons, soit la proportion la plus élevée enregistrée depuis qu’EDF publie ces données, en 2015. Cette baisse s’explique par les besoins importants en eau des centrales nucléaires pour refroidir leurs installations. Lorsque les rivières se réchauffent ou que leur niveau baisse, certains réacteurs doivent réduire leur puissance.
