Pour la première fois depuis le cessez-le-feu du 8 avril entre les États-Unis et l’Iran, des soldats américains ont été tués dans des frappes attribuées à Téhéran. Deux militaires américains ont péri le 17 juillet dans une attaque balistique contre la base aérienne Muwaffaq Salti, en Jordanie, tandis qu’un troisième est toujours porté disparu. Cette attaque marque une nouvelle étape dans l’escalade régionale et place le royaume hachémite au centre du conflit.
Jusqu’ici, les frappes iraniennes visaient principalement Israël et les pays du Golfe. Mais la Jordanie apparaît désormais comme un nouvel objectif stratégique pour Téhéran. Selon plusieurs analystes, déstabiliser Amman permettrait à l’Iran de fragiliser un allié majeur des États-Unis dans la région et de mettre davantage de pression sur Israël, avec lequel le royaume a signé un traité de paix en 1994.
4 000 soldats américains sur place
La multiplication des attaques contre le territoire jordanien intervient alors que Washington renforce son dispositif militaire dans le pays. Près de 4 000 soldats américains y sont présents et des avions de combat supplémentaires pourraient y être déployés afin de limiter l’exposition des forces américaines dans le Golfe, devenu une cible privilégiée pour l’Iran.
Cette évolution place toutefois les autorités jordaniennes face à une équation complexe. Amman dépend fortement de l’aide américaine, notamment militaire et économique, mais doit également gérer une opinion publique largement hostile à la politique de Washington au Moyen-Orient, en particulier depuis la guerre à Gaza.
Pour des experts, l’Iran chercherait à exploiter ces tensions internes en renforçant son influence. La Jordanie devient ainsi un enjeu majeur dans la confrontation indirecte entre Washington et Téhéran, au risque de transformer le royaume en nouveau théâtre d’affrontement régional.
