Une étude commandée par la Knesset met en évidence une tendance migratoire préoccupante : ces dernières années, davantage d’Israéliens quittent le pays qu’ils n’y entrent. Le phénomène s’est nettement accentué depuis le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, avec une baisse parallèle des retours.
Entre 2022 et 2024, plus de 210 000 Israéliens ont émigré, contre une moyenne annuelle d’environ 40 000 entre 2009 et 2021. Le solde net des départs et des retours atteint ainsi environ 140 000 personnes. Les jeunes adultes sont particulièrement concernés : près de 48 % des émigrants ont entre 20 et 44 ans, une tranche d’âge pourtant moins représentée dans la population générale.
La fuite des cerveaux
L’étude souligne également le poids des profils qualifiés dans ces départs. Depuis 2022, environ un tiers des émigrants possèdent une licence, plus d’un cinquième un master et une minorité un doctorat. Les diplômés en mathématiques, en informatique et en physique sont particulièrement surreprésentés, alimentant les inquiétudes quant à une possible fuite des cerveaux. En 2024, plus de la moitié des personnes parties étaient nées en Israël, confirmant que le phénomène ne touche plus seulement les immigrés récents.
Pour plusieurs responsables politiques, cette évolution constitue un signal d’alerte. Le député Gilad Kariv estime que « les scientifiques et entrepreneurs de demain quittent Israël à un rythme inquiétant », y voyant une menace pour l’avenir économique et stratégique du pays.
Au-delà des chiffres, cette tendance traduit un malaise plus profond lié à l’instabilité sécuritaire, aux tensions politiques internes et aux incertitudes sur l’avenir. Si elle se poursuit, cette dynamique pourrait fragiliser durablement le capital humain et technologique d’Israël.
