« Un acte fort », c’est ainsi que la presse béninoise a qualifié la présence remarquée au premier rang protocolaire du capitaine Elvire Toupé lors du premier Conseil des ministres du septennat du président Romuald Wadagni, le 28 mai. L’officier, membre de la garde républicaine, est la toute première femme de l’histoire contemporaine du Bénin, et de toute la région ouest-africaine, à assumer la charge de la coordination de la sécurité rapprochée du président de la République, un rôle réservé jusque-là aux hommes, alors que les femmes étaient reléguées à des rôles de soutien.
La mesure n’est ni honorifique, ni protocolaire, mais une consécration d’un parcours d’excellence au sein d’une institution dominée par les hommes. Ce poste, très exigeant en matière de discipline, de vigilance et de maîtrise des procédures de protection du président, implique une assistance directe au chef de l’État et la gestion de tout un dispositif sécuritaire tant au palais présidentiel de la Marina que durant les déplacements du président dans le pays ou à l’international.
Qui est Elvire Toupé ?
Originaire de la ville de Porto-Novo, Elvire Toupé est issue de la première promotion du lycée militaire de jeunes filles Général Mathieu Kérékou de Natitingou. Elle poursuit sa formation à l’École nationale des officiers de Toffo entre 2012 et 2014, avant d’obtenir son diplôme de chef de section d’infanterie.
Après l’obtention d’une licence en imagerie médicale, elle poursuit cette profession durant sept ans, avant de revenir vers l’armée et d’intégrer le corps d’infanterie, où elle devient la femme la plus gradée à ce jour, avec le rang de capitaine acquis en 2021. Elvire Toupé a aussi participé comme conseillère en genre à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) entre 2017 et 2018, puis a rejoint la Garde républicaine, en 2022, où elle commandait jusqu’ici la section de sécurité de la Cour des comptes.
Pour certains observateurs, cette nomination résonne fortement avec l’histoire béninoise, notamment les guerrières d’élite Agojie qui assuraient la protection des souverains de l’ancien royaume d’Abomey (1625 à 1900). Ce renvoi à un puissant symbole national traduirait une volonté du nouveau gouvernement béninois de promouvoir l’égalité des genres dans le pays.
