Selon les nouvelles données publiées le 21 avril par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 8 000 personnes ont perdu la vie ou disparu sur les routes migratoires mondiales en 2025. Ce chiffre, bien qu’inférieur au record de 9 197 enregistré en 2024, souligne la persistance d’un drame humain majeur.
L’agence onusienne insiste sur le fait que la diminution des arrivées dans certaines régions ne traduit pas une baisse de la pression migratoire, mais plutôt une reconfiguration des parcours, souvent plus longs et plus périlleux. Les conflits, les pressions climatiques et les changements de politiques frontalières ont modifié les flux sans réduire les dangers.
Nearly 8,000 migrants died or went missing in 2025.
Migration routes are becoming more dangerous, not safer, even as arrivals drop.
IOM’s @MariaMoita01 shares new data at the United Nations Office at Geneva today
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— IOM – UN Migration 🇺🇳 (@UNmigration) April 21, 2026
En Europe, les routes maritimes restent les plus meurtrières, avec plus de 3 400 décès et disparitions recensés, dont 1 330 en Méditerranée centrale et plus de 1 200 sur la route atlantique vers les Canaries. Sur la route orientale, en mer Rouge, plus de 900 migrants africains ont trouvé la mort.
Le durcissement des contrôles a contribué à disperser les flux vers des trajets plus périlleux. En Asie, près de 900 décès ont été recensés dans le golfe du Bengale et la mer d’Andaman, soit l’année la plus meurtrière pour les réfugiés rohingyas.
Des itinéraires qui évoluent, des dangers persistants
« Les itinéraires évoluent en réponse aux conflits, aux pressions climatiques et aux changements de politique, mais les risques restent bien réels », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM. « Derrière ces chiffres se cachent des personnes qui entreprennent des voyages périlleux et des familles qui attendent des nouvelles qui pourraient ne jamais arriver. »
Le compte officiel de l’ONU à Genève a alerté sur X : près de 8 000 migrants morts ou portés disparus en 2025, plus de 82 000 depuis 2014.
Migration may be making fewer headlines. That does not mean journeys are safer.
Nearly 8,000 migrants were reported dead or missing in 2025. More than 82,000 since 2014.
Two new IOM reports show why fewer movements do not mean safer journeys.
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— IOM – UN Migration 🇺🇳 (@UNmigration) April 21, 2026
L’OIM estime qu’au moins 340 000 membres de familles ont été directement touchés depuis 2014, subissant de lourdes conséquences psychologiques, sociales et économiques. Des milliers de migrants se retrouvent par ailleurs bloqués dans des zones frontalières, avec un accès limité aux services de base.
L’agence met en garde contre les « naufrages invisibles », où des embarcations entières disparaissent sans laisser de traces, et pointe les restrictions budgétaires et humanitaires qui compliquent le recensement exact des victimes. En amont du Forum international d’examen des migrations en mai, l’OIM appelle à une coopération internationale renforcée pour protéger les migrants, prévenir ces tragédies et soutenir les familles endeuillées.
Les données, issues du Projet sur les migrants disparus et de la Matrice de suivi des déplacements, montrent que l’évolution des routes ne signifie pas des voyages plus sûrs. Face à des itinéraires de plus en plus fragmentés et dangereux, le coût humain reste élevé dans un contexte de durcissement des règles migratoires dans certains pays et en Union européenne.
