Selon un rapport publié par le Mouvement de la jeunesse palestinienne (PYM) et Oxfam Danemark, le groupe danois Maersk continuerait d’acheminer vers Israël divers composants liés à l’armement, malgré ses affirmations répétées de ne pas transporter d’armes vers des zones de conflit. L’enquête s’appuie sur des documents d’expédition et s’inscrit dans la campagne #MaskOffMaersk, qui vise à examiner les chaînes logistiques de matériel militaire.
Le rapport évoque l’acheminement de noyaux de balles, d’étuis en laiton et de pièces de munitions depuis plusieurs entreprises américaines et indiennes vers des acteurs de l’industrie de défense israélienne, notamment IMI Systems et Elbit Systems. Il mentionne également des éléments associés à des bombes de type MK-84, à des systèmes de mortier et à des poudres destinées à des usages explosifs.
« Une complicité indirecte »
Les auteurs estiment que ces flux pourraient être liés à des équipements militaires utilisés dans les opérations à Gaza. Ils affirment que plus de 1,42 million de kilogrammes de composants auraient transité via la logistique de Maersk entre fin 2023 et 2025, en provenance de multiples fournisseurs internationaux.
Maersk conteste fermement ces accusations. L’entreprise affirme appliquer une politique stricte excluant le transport d’armes ou de munitions vers Israël et indique avoir renforcé ses procédures de conformité. Elle souligne également respecter les cadres juridiques internationaux encadrant le commerce et les transports sensibles.
Le rapport et ses soutiens dénoncent néanmoins une forme de « complicité indirecte », estimant que la distinction entre composants et armements complets permettrait des contournements dans les chaînes logistiques. Ils appellent à l’arrêt immédiat de tout transport lié à des usages militaires israéliens et à une évaluation renforcée des impacts sur les droits humains.
Cette enquête intervient dans un contexte de forte pression militante et de campagnes visant les entreprises impliquées dans les circuits d’approvisionnement militaires. Plusieurs mobilisations ont déjà visé Maersk en Europe, tandis que des débats politiques portent sur le contrôle du transit d’équipements militaires vers Israël.
Le groupe, acteur majeur du transport maritime mondial, indique par ailleurs réexaminer certaines relations commerciales liées aux colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, sous la pression d’ONG et de rapports internationaux.
