Le Bénin a officiellement installé son Sénat, ce 30 juillet à Porto-Novo. Cette chambre haute du Parlement a été créée à la faveur de la révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025 sous la présidence de Patrice Talon. Si la cérémonie d’installation s’est tenue dans la capitale politique, les sénateurs exerceront leurs fonctions à Cotonou.
Composée de 25 membres désignés ou siégeant de droit, l’institution ne compte aucun élu au suffrage direct, un point qui avait nourri les critiques de l’opposition lors de l’adoption de la réforme.
Le parti d’opposition Les Démocrates s’était opposé au projet. Son ancien président, Boni Yayi, membre de droit du Sénat, avait d’abord refusé d’y siéger avant de revenir sur sa décision. Il a finalement accepté de rejoindre l’institution, qu’il présente comme « l’un des rares espaces de débat qui reste », avec l’intention d’y défendre les libertés publiques, la démocratie ainsi que le sort des personnalités politiques emprisonnées ou en exil.
L’influence de l’ancien président en question
L’installation du Sénat relance également le débat sur l’influence de Patrice Talon depuis son départ du pouvoir, il y a deux mois. Selon ses adversaires, cette institution lui offre un moyen de continuer à peser sur la vie politique. L’ancien chef de l’État avait toutefois défendu ce rôle avant de quitter la présidence, estimant qu’il serait « une faute de se dérober » lorsqu’il s’agit de mettre son expérience au service du pays.
Outre Patrice Talon et Boni Yayi, le Sénat accueille également Nicéphore Soglo, âgé de 95 ans. Doyen de l’institution, il est le troisième ancien président de la République à y siéger de droit.
Parmi les autres personnalités figurent les anciens présidents de la Cour constitutionnelle Robert Dossou et Théodore Holo, les anciens présidents de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, ainsi qu’Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême.
La séance inaugurale doit se limiter à un discours d’installation et à l’adoption du règlement intérieur. Le bureau sera élu après la validation de ce texte par la Cour constitutionnelle.
