La Douma d’État russe, chambre basse du Parlement, a adopté le 13 mai, en deuxième et troisième lectures, un projet de loi autorisant, sur décision du président russe, le recours aux forces armées à l’étranger pour protéger des ressortissants russes. Le texte vise notamment les décisions rendues par des tribunaux étrangers dont les compétences ont été définies sans la participation de la Russie ou qui ne reposent ni sur un traité international ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette initiative prévoit que les forces armées puissent être mobilisées afin de protéger des ressortissants russes arrêtés, détenus ou poursuivis pénalement à l’étranger en vertu de décisions judiciaires étrangères. Le document précise également que les autorités publiques russes devront prendre « les mesures nécessaires » à la protection de ces citoyens dans le cadre de leurs compétences respectives.
Cette décision intervient deux semaines après le dénouement de l’affaire concernant l’archéologue russe Alexandre Boutiaguine. Ce dernier avait été arrêté en décembre 2025 à Varsovie, à la demande de l’Ukraine, alors qu’il se trouvait en Pologne pour donner une conférence. Kiev l’accusait d’avoir mené des fouilles archéologiques illégales en Crimée. Le ministère russe des Affaires étrangères avait alors protesté auprès de l’ambassadeur polonais à Moscou et exigé la libération immédiate du chercheur russe.
En mars, un tribunal polonais avait autorisé son extradition vers l’Ukraine. Alexandre Boutiaguine a finalement été libéré le 28 avril dans le cadre d’un échange de prisonniers organisé avec la Biélorussie selon la formule « cinq contre cinq ».
