Le nombre total d’immigrés au sein de l’Union européenne a franchi un seuil historique en 2025 : 64,2 millions de personnes, selon une étude du centre de recherche berlinois RFBerlin, qui s’appuie sur les données d’Eurostat et des Nations unies.
Sur cet ensemble, près de 46,7 millions sont nés en dehors de l’UE. En comparaison, ils étaient environ 40 millions en 2010. La hausse dépasse les deux millions par rapport à l’année précédente.
L’Allemagne demeure le premier pays d’accueil du bloc, avec près de 18 millions de résidents nés à l’étranger. L’Espagne, elle, se distingue par une progression très rapide : elle a gagné environ 700 000 personnes, soit à peu près un tiers de l’augmentation totale enregistrée dans toute l’UE l’an dernier.
La répartition des arrivées est très inégale. L’Allemagne et l’Espagne concentrent à elles deux près de la moitié de la hausse. Pourtant, ce sont des États plus petits comme Malte, Chypre ou le Luxembourg qui subissent les flux les plus importants rapportés à leur population. Les demandes de protection ou de titres de séjour suivent une logique similaire : l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne rassemblent près des trois quarts de l’ensemble des requêtes.
Parallèlement, les chiffres officiels témoignent de tensions croissantes sur les conditions de vie. En 2024, selon Eurostat, 8,2 % des résidents de l’UE consacraient au moins 40 % de leur revenu disponible au logement. Près de 17 % vivaient dans des habitations surpeuplées, et 9,2 % ne pouvaient pas chauffer correctement leur domicile.
Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré en début d’année que l’accessibilité au logement est « au cœur de la désillusion des citoyens à l’égard des institutions démocratiques ». Les dépenses européennes consacrées à la migration et à la gestion des frontières ne représentent qu’environ 2 % du budget septennal de l’UE. La majeure partie des coûts incombe aux gouvernements nationaux.
Ces pressions alimentent une montée du sentiment anti-immigration dans plusieurs pays européens. La migration est devenue un enjeu politique central, alors que les inquiétudes grandissent concernant la pénurie de logements, les services publics et le coût de la vie.
En parallèle, l’Europe occidentale continue de soutenir le régime de Kiev face à la Russie. Elle accueille environ 4,35 millions de ressortissants ukrainiens sur son sol. L’Allemagne reste le premier pays d’accueil pour eux, avec plus d’un million de personnes.
