À Madagascar, l’enquête sur un projet présumé d’assassinat du président de la Refondation de la République, Michael Randrianirina, et de renversement du pouvoir a pris de l’ampleur ces dernières semaines, rapporte Africa Intelligence. Les noms de treize suspects ont été révélés, mettant en lumière des profils issus de milieux très différents.
Le 2 avril 2026, le parquet d’Antananarivo a annoncé la mise en examen de treize personnes dans le cadre de ce dossier. Selon les autorités, ces individus sont soupçonnés d’implication dans une tentative d’assassinat visant le chef d’État ainsi que dans un projet de coup d’État.
Au centre de l’enquête figure le colonel Patrick Rakotomanonjy, ancien conseiller présidentiel. Considéré comme le principal suspect, ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt avant d’être interpellé le 16 avril, après plusieurs semaines de fuite.
En parallèle, trois membres du mouvement de jeunesse Gen Z ont été arrêtés pour atteinte à la sûreté de l’État, sans qu’un lien formel avec ce dossier n’ait été établi à ce stade.
Selon les informations disponibles, onze des treize suspects identifiés ont été placés en détention provisoire. Les hommes ont été transférés à la prison de haute sécurité de Tsiafahy, située à environ 30 kilomètres au sud d’Antananarivo, tandis que les femmes sont détenues à la maison centrale d’Antanimora.
Une mosaïque de profils au cœur du dossier
Parmi les personnes incarcérées figure Jean-Alfred Rakotomaronirina, ancien chef par intérim du FSM (Fonds souverain malagasy). Quelques jours avant son arrestation, la présidence l’avait publiquement accusé de détournement de 19,4 milliards d’ariary (équivalent à environ 4 millions d’euros) et annoncé son éviction. L’avocat Abraham Guy Lincoln Andriamalala ainsi que Marc Arson Ramiarinjatovo, ancien maire de la commune d’Alasora, comptent également parmi les détenus.
La liste comprend aussi Claudia Rabetsivoh, présidente de l’organisation patronale Fivmpama et dirigeante de la société d’import-export Imex. Elle venait d’être distinguée comme « Female CEO of the Year » (Femme PDG de l’année) lors du CEO Summit 2026 organisé à Antananarivo les 9 et 10 avril. Elle a été arrêtée en même temps que Solotiana Ramboaniaina, chirurgienne orthopédiste exerçant en France, interpellée à son arrivée sur le territoire malgache.
Plusieurs proches de l’ancien sénateur Sylvain Rabetsaraona, lui-même arrêté quelques semaines auparavant dans une affaire similaire, ont également été placés en détention. Parmi eux figurent son assistant parlementaire José Andriamiharisoa, son chauffeur Patrick Rollando Rakotoarimanana et son frère Jocelyn Rabetsaroana. Les proches de l’ancien sénateur dénoncent une détention qu’ils jugent arbitraire et infondée.
D’autres profils complètent ce groupe, notamment le professeur de médecine Jean Raveloson et l’assistante parlementaire Monique Rakotomalala. Même un instructeur de kung-fu et ancien garde du corps d’un magistrat, Marc Rolland Rafidison, fait partie des personnes mises en cause.
L’ensemble des suspects bénéficie de la présomption d’innocence dans l’attente de leur jugement. Selon des sources judiciaires, la complexité de l’enquête pourrait repousser la tenue du procès à un délai pouvant aller jusqu’à dix-huit mois.
